mercredi 16 août 2017

La trilogie du subtil changement, 1 Le cercle de Farthing (Jo Walton)

Huit ans après que «la paix dans l'honneur» a été signée entre l'Angleterre et l'Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l'origine de l'éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu'elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d'habitude d'être tenue à l'écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l'étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l'innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l'enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d'un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine ? Subtil mélange de roman policier classique et d'uchronie, Le Cercle de Farthing est le roman qui a révélé Jo Walton au grand public, bien avant le succès mérité de Morwenna. 

Née au pays de Galles, Jo Walton vit depuis 2002 au Canada. Elle est l'auteur de nombreux romans, dont Morwenna qui a reçu les prix les plus prestigieux (British Fantasy Award, prix Nebula et prix Hugo), la trilogie du Subtil changement, Mes vrais enfants et Les griffes et les crocs.


Je découvre Jo Walton avec ce premier roman de la trilogie « Du subtil changement ». 
A la fois uchronie mais surtout polar, j'ai pris grand plaisir à découvrir cette auteure.
Le livre doit son titre à un Farthing, une toute petite monnaie qui avant sa démonétisation en 1960, valait un quart de penny, c'est à dire pas grand-chose.

L'histoire, elle se passe en 1949, dans une Angleterre ayant fait la paix avec Hitler, et ayant mis au banc Churchill. Huit ans plus tôt, après le vol de Rudolf Hess en Angleterre, une paix dans l’honneur a été signée entre le Royaume Uni et le Troisième Reich. Cela, grâce à un groupe de jeunes politiciens, surnommé le « cercle de Farthing », d’après le nom d’un domaine situé dans le sud de l’Angleterre.
Tout ça pour dire que tout n'est pas rose dans cette Angleterre là, surtout pour les juifs et les homosexuels, comme un peu partout en Europe.

Mais voilà, l'investigateur de cette paix est assassiné, et les soupçons vont aussitôt se diriger vers David Khann, jeune banquier juif marié avec la fille des propriétaires du domaine. Vengeance, manigances, manœuvres tordues et surtout complot vont être mis à jour par un policier très tenace et intègre, l'inspecteur Carmichaël. 

La narration s'alterne entre les points de vue de Lucie Khann, la femme de David à la première personne et ceux de l'inspecteur Carmichaël à la troisième personne. Ce qui donne une bonne dynamique à l'histoire.

Histoire très originale et bien menée, les états d'âmes de chacun sont bien mis en avant et bien développés.
Une histoire qui finalement ressemble à un bon polar à l'Agatha Christie mais en un temps qui aurait pu être, et qui heureusement ne l'a pas été...
Il faut que je trouve la suite.


Note : 5/5

La nature des choses (Charlotte Wood)

Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien. Dix femmes au crâne rasé, vêtues d’habits étranges. Trois geôliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices.

Charlotte Wood est l’auteur de cinq romans et de deux documents. La Nature des choses, son premier roman traduit en français, a connu un succès retentissant en Australie en remportant de nombreux prix littéraires dont le prestigieux Stella Prize. Il sera publié dans neuf pays et une adaptation cinématographique est en cours. Charlotte Wood vit à Sydney.

Charlotte Wood, auteure Australienne, nous livre là un roman bien particulier.

Le début de l'histoire nous met en présence de 10 jeunes femmes, enlevées, droguées qui se réveillent dans une station d’équarrissage de moutons et de bovins, abandonnée quelques part dans l'arrière pays australien, dans le bush.

A travers l'écriture de Charlotte Wood, on ressent toute l'aridité, la sauvagerie, la brutalité et la cruauté aussi bien dans la nature déserte, aride du pays, mais aussi des geôliers, deux hommes, une femme qui se comportent comme de vrais sadiques et pervers vis à vis de ces jeunes femmes. 

On se rend compte au fur et à mesure de l'avancée du livre, que toutes ces filles ont plus ou moins été impliquées dans des scandales sexuels avec des hommes puissants.

Serait ce le lien qui les lie ? Rien n'est moins clair.

Ce que l'on peut être sûr c'est que la sauvagerie et la dureté de leur vie lors de ces quelques mois de captivité vont les ramener de l'état de victimes à l'état de prédatrices. Prêtes à tout pour survivre. Surtout pour deux d'entre elles, Yolanda et Verla.

On sent la nature sauvage du pays prendre emprise sur elles, l'imagination, les hallucinations, l'assimilation à l'animal est très prégnante à travers cette écriture très imagée et très crue.

La féminité de ces femmes est gommée, les deux héroïnes se transforment petit à petit pour se rapprocher au plus près du règne animal et sauvage.

Un huit-clos très angoissant, difficile à lire, la cruauté et la vulgarité de l'homme étant encore plus difficile à vivre que ce que peut offrir la nature et la faune sauvage. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, j'ai été plutôt très intriguée par l'écriture, les non-dits, et la confusion que l'on peut ressentir à lire cette histoire. Ce vaste kaléidoscope de personnalités très différentes se confronte et se mélange mais ne livre pas vraiment une réponse à nos questions.

Merci à Babelio et aux éditions Le Masque pour cette masse critique privilégiée en avant première, ce livre sortira le 06 septembre 2017.


Note : 3/5

samedi 12 août 2017

La meute du Phénix, 4 Marcus Fuller (Suzanne Wright)

L’attirance que Roni Axton ressent pour Marcus Fuller est intoxicante. Et ce dernier est bien décidé à la séduire. Mais la louve, indépendante et dangereuse, n’a pas l’intention de se soumettre si facilement. Lorsque l’attaque d’une bande de chacals fournit à Marcus l’occasion de se rapprocher d’elle, il pense remporter la partie. C’était sans compter sur l’intensité du lien qui les unit. Car Marcus va découvrir que s’il revendique Roni, il ne pourra plus jamais se passer d’elle...



Un vrai plaisir de renouer contact avec la meute du Phénix. Après un tome 3 qui m'avait déçu, j'ai beaucoup apprécié ce 4ème tome. 

La meute doit enquêter sur un site qui propose des vidéos de mise à mort de métamorphes et/ou d'humain. Des vidéos violentes et abjectes. Ils devront mettre tous les moyens à leur disposition pour trouver les coupables.

Une bonne intrigue, des personnages charismatiques, une romance sulfureuses, des échanges plein d'humour, des combats.

Un opus dans temps mort.


Note : 4/5

jeudi 10 août 2017

L'amant des hautes mers (Agathe Kerlan)

Le Fantôme noir, la terreur des galions, à la tête d’une redoutable bande de flibustiers : depuis que Gabriel de Valfort a renoncé à sa vie de marquis, il est devenu le pirate le plus redouté de l’océan Indien. Une existence aux mille dangers qui n’est autre que le prix de sa vengeance : sur son navire, Gabriel retient captive Capucine de Cernac, la fille de l’homme qui a ruiné sa famille et son avenir. Et il compte bien punir cette crapule pour ses crimes ! Mais ce que Gabriel n’avait pas prévu, c’est que son ennemi juré soit trop avare pour payer la rançon de son unique héritière. Si bien qu’il doit supporter la présence à bord d’une jeune femme au caractère impossible, qui mène l’équipage de la Sainte Victoire à la baguette et défie sans cesse son autorité…

Comme j'adore les pirates et le monde de la piraterie, je n'ai pu m'empêcher d'embarquer à bord de la Sainte Victoire et voguer aux côtés du Fantôme Noir et de Capucine.

Plaisant à lire avec une bonne intrigue, des rebondissements, des combats, de l'exotisme, de l'aventure, du romanesque.

Une romance flibustière que j'ai beaucoup appréciée. 


Note : 4/5

mardi 8 août 2017

Prodigieuses créatures (Tracy Chevalier)

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique. Celle-ci, exclusivement composée d’hommes, la cantonne dans un rôle de figuration.

Mary Anning trouve heureusement en Elisabeth Philpot une alliée inattendue. Cette vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste leur meilleure arme face à l’hostilité générale.


Un roman incroyable qui nous fait découvrir Mary Anning, jeune fille passionnée de fossiles. Elle en découvrira certains qui seront célèbres dans le monde entier; certains sont encore présents dans plusieurs musées de la planète à l'heure actuelle.

C'est une aussi une belle histoire d'amitié entre 2 femmes dans l'Angleterre du 19ème siècle; une amitié improbable alors que tout les oppose par leurs origines sociales mais réunies par une passion commune.

Magnifiquement bien écrit, j'ai été sous le charme dès les premières lignes et le livre m'a rendue curieuse d'en savoir plus sur Mary Anning qui a été une pionnière en géologie. 


Note : 4.5/5


lundi 7 août 2017

Désenchantement, 1 La malédiction de Lady Walsh (Lynn Viehl)

Brillante détective privé spécialisée dans le domaine du surnaturel, Kit ne manque pas de perspicacité. Et il lui en faudra pour pouvoir aider sa nouvelle cliente, lady Diana Walsh, qui se pense victime d’une malédiction. D’après Diana, la première épouse de M. Walsh lui aurait jeté un sort depuis l’au-delà… Après avoir mené l’enquête, Kit découvre un complot de grande ampleur. Mais ses investigations sont mises à mal par la présence de Lucian Dredmore, un mage aussi puissant que séduisant...


Une romance très sympathique dans l'univers steampunk. 

Magie, action, rebondissements au programme.

Des personnages sympathiques et charismatiques. Une héroïne forte, pleine d'humour et d'entrain, qui ne s'en laisse pas compter. 

Une jolie découverte que cette nouvelle série.


Note : 4/5

dimanche 6 août 2017

Cet été-là (Lee Martin)

Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Kathy. Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

Un thriller dérangeant, bouleversant qui nous fait nous interroger sur la nature humaine. Connaît-on bien les personnages qui nous entourent ? Même dans une petite ville où tout le monde connait tout le monde, personne n'est à l'abri de rien, personne n'est totalement en sécurité; tout peut arriver, à tout un chacun.

L'auteur a bien su développer cette noirceur que chacun peu avoir en soi. Jusqu'où peut-on aller pour garder ses secrets les plus sombres ?

Oppressant, étouffant, c'est une plongée dans l'effroyable, dans la part d'ombre de l'être humain.

J'ai beaucoup aimé ce jeu de mensonges, de révélations, de culpabilité. 


Note : 4/5

vendredi 4 août 2017

Les soeurs Lockwood, 3 Le secret de la séduction (Julie Anne Long)

Sabrina Farleigh aime Geoffrey Gillray mais celui-ci n’a qu’un rêve, partir pour l’Afrique. Dans l’espoir de financer ses projets il se rend chez son cousin Rhys Gillray, duc de Rawden, le seul capable de l’aider. Surnommé le Libertin, Rhys est célèbre pour sa poésie frivole et audacieuse. Certaine que son bonheur futur aux côtés de Geoffrey se joue entre les mains du scandaleux Rhys, Sabrina s’introduit chez lui. C’est sans savoir que l’impénitent séducteur fera d’elle sa nouvelle proie…


Une trilogie très agréable à lire.

J'ai beaucoup aimé l'histoire de ses trois soeurs. Chacune est forte à sa façon, déterminée. Des femmes pleines de verve et de passion.

L'intrigue concernant leurs origines est bien menée et le côté romanesque de l'histoire est plaisant à lire.

De l'humour, des rebondissements, des personnages attachants.

Une belle lecture de vacances.


Note : 4/5

Trois gouttes de sang et un nuage de coke (Quentin Mouron)


Watertown. Banlieue de Boston, novembre 2013. Un retraité sans histoire est retrouvé dans son pick-up sauvagement assassiné. L’enquête est confiée au shérif McCarthy, pugnace, humaniste, déterminé. Au même moment, Franck, jeune détective dandy, décadent et cocaïnomane, double sombre du shérif, mène l’enquête en parallèle, parcourant la ville en quête de sensations nouvelles.
Un mafieux de renom, un jeune musicien ambitieux, un romancier vulgaire, des flics besogneux ainsi que tous les autres, les « largués », les « paumés » sont mis en scène et embrasent cette fresque sans concession d’une Amérique hantée par la crise des subprimes.



Comme cet automne dans ma biblio nous aurons la chance de recevoir Quentin Mouron (pour plus d'infos, c'est ici : biblio Chardonne-Jongny), je me devais de lire au moins un de ses livres et de découvrir l'écriture de ce jeune auteur. C'était également l'occasion de tester le prêt de livres numériques de ma biblio. 


J'ai exécuté mes "devoirs de vacances", dans des conditions plus que pénibles ^_^





Trêve de plaisanterie.

La première chose qui m'a frappé dans ce roman, c'est la qualité du verbe. 
J'ai adoré découvrir de nouveaux mots (merci au dictionnaire de ma petite Lisette - "brimborions" a fait mon bonheur), d'en retrouver certains peu usités dans les romans que je lis d'habitude.

Avec ce livre, c'est une plongée dans la noirceur des bas-fonds d'une petite banlieue de Boston à la suite du shérif McCarthy et de Franck, un détective privé qui carbure à la coke.
Ces 2 personnages sont désabusés, cyniques, revenus de tout. Plus que l'enquête sur le meurtre d'un retraité, on explore le "moi" profond de chacun des enquêteurs; ça suinte le mal-être, le désenchantement, l'ennui, la solitude qu'ils peuvent éprouver. 
Mais l'investigation policière reprend le dessus et nous fait découvrir le monde de la nuit et ses dérives, la mafia et ses trafics, la criminalité. 

Bien ficelé, j'ai été séduite par le fond et la forme, même si certaines digressions m'ont parfois fait perdre le fil de ma lecture.
Le style est précis, nerveux, acerbe.

Une découverte très intéressante. 


Note : 4/5


jeudi 3 août 2017

La servante écarlate (Margaret Atwood)

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. 

Un livre glaçant dans un univers effrayant tant il est froid, sans saveur. 

Les femmes en sont réduites à plus grand chose, l'individu en lui-même n'est plus qu'une illusion.

Une société totalitaire, aux mains de fanatiques où plus personne n'a le choix de sa vie, de liberté de penser, de raison d'espérer ou de se réjouir.

Un roman original, bien écrit, qui pousse à la réflexion.

Petit bémol quant au rythme lent, très lent et à une fin qui nous laisse sur notre faim.


Note : 4/5